Le
mausolée Sid El Khier est l'un des symboles qui marque la ville de Sétif.
A ce jour, il fait l'objet d'un lieu de pèlerinage qui attire plusieurs
fideles même en dehors des fêtes religieuses. Ce mausolée se trouve au
centre du cimetière auquel il a donné son nom. Il est situé à quelques
Km de la ville de Setif sur de la sortie Sud (route RN77 vers Ain Oulmene).
Sid El Khier n'a pas laissé de descendent, cependant, son frere
a donné la naissance de la famille "Madani" très
connue à Sétif.
Le cimetière confond, à travers les âges
l’enterrement et le rituel. Sidi El Khier, Sidi Saïd, Sidi
Zouaoui, Sidi Haïder, hommes de croyance et de religion vénérés
s’occupaient, d’après les témoignages, de l’enseignement
du Coran et des zaouïas entretenues par leurs disciples. En même
temps, glorifiés et adorés par les populations indigènes
de l’époque coloniale ou même avant, car peu au fait
des enseignements des textes divins, ces derniers s’en remettaient
à leurs saints à qui, par tradition, ils adressaient leurs
prières.
Sidi
El Khier s’étend sur plus d’une centaine d’hectares
contenant plus de 3000 tombeaux. C’est le cimetière où
est enterré le « père protecteur » de Sétif
pour certains, une référence et une attache spirituelle
vouée à la terre des ancêtres. Sur place un artisan
s’occupe de la confection de dalles en marbre ou en béton,
selon la demande. Les services de l’APC ont prévu des accès
aux tombes et des aires de stationnement et de prière goudronnées.
Aussi, malgré l’étendue du cimetière un mur
de clôture, tout en esthétique a été prévu
pour entourer toute la surface. D’après les responsables
de la commune dont relève la gestion du cimetière de Sidi
El Khier, les seuls travaux d’entretien de routine qui méritent
d’être notés sont ceux du gardiennage et du désherbage.
Cette tradition allait se perpétuer même après
leur disparition. Leur mort constitua un évènement sacré,
puisque leurs tombes, abritées par une construction, permet aux
fidèles de multiplier les visites autour du tombeau tout en formulant
des voeux personnels. Non loin, on enterrait les morts « afin de
les rapprocher du saint protecteur », dit la légende. A Sétif,
le plus vieux cimetière, qui date d’avant l’invasion
des français, est celui de Sidi Saïd, non loin du centre-ville.
Un mur le sépare du cimetière juif abandonné au pillage
et à la destruction depuis l’indépendance, mais actuellement
entretenu par les services de l’APC. D’après un gardien
d’un âge avancé, de mémoire le cimetière
n’enregistre aucune visite. Cependant, le cimetière chrétien
situé plutôt près du centre-ville, paraît plus
animé.
Le
cimetière connaît, selon le gardien, depuis l’année
1997, beaucoup de visiteurs qui viennent de l’étranger se
recueillir sur les tombes de leurs proches. Enfants et petits-enfants,
nous dira-t-il, affichent leur satisfaction et leur curiosité une
fois à l’intérieur de la nécropole où
sont tracés des caveaux de familles entières allant de 20
à 50 personnes, des personnalités de la ville de Sétif,
maires ou notables y sont enterrés. D’après le président
de l’APC, même si ces cimetières ne profitent pas de
budgets spécifiques, les travaux de restauration et d’entretien
sont programmés à l’instar des autres activités
de la commune de Sétif. Pour le gardien du cimetière chrétien,
au fait des coins et recoins des lieux, se sont plutôt les statuts
et stèles qui ne résistent pas aux effets de la dégradation
causée par les intempéries, alors que par le passé
ce sont les mains des pillards qui ont été à l’origine
de leur destruction. Mais si l’on saisit la portée spirituelle
des visites du mausolée, en dehors des tombes familiales, on est
porté à croire à la projection des croyances dans
un passé très lointain, celui de la communion avec les morts.
Ceci est incarné par l’arrivée d’émigrés
ou de nationaux établis à plusieurs kilomètres de
Sétif qui tentent de maintenir la tradition et de braver la distance.
Certains veillent de nos jours au rituel de la « Zerda »,
un festin solennel en guise d’offrande au saint protecteur Sidi
El Khier.
Source : Le Sétifois N° 01 janvier - février
2007 (Pages : 34-35)