Samir Staïfi, de son vrai nom Samir Belkheir, demeure l'une des figures de proue les plus emblématiques de la chanson sétifienne. Véritable ambassadeur du patrimoine musical de l'Est algérien, il a su porter les rythmes de sa région bien au-delà des frontières locales, devenant une icône de la culture nationale.


L'Éveil d'un Talent Authentique

Sa trajectoire artistique prend racine dans l'authenticité des fêtes populaires. Avant de devenir une star de l'enregistrement, Samir fait ses classes dans la pure tradition folklorique, animant les célébrations familiales où le contact avec le public forge son identité vocale.

C'est en 1979 qu'il accède à la notoriété nationale avec son premier opus intitulé "El Azba Staïfia". Ce disque marque un tournant majeur : il ne se contente pas de chanter, il modernise le genre tout en respectant ses codes ancestraux. Ce succès initial sera suivi d'une série de tubes qui marqueront les mémoires :


La Maîtrise du Sraoui : Une Performance Vocale

Ce qui distingue Samir Staïfi de ses contemporains, c'est sa maîtrise exceptionnelle du Sraoui. Ce genre traditionnel, pilier de l'identité de Sétif, est réputé pour son exigence technique extrême : il repose entièrement sur la puissance de la voix, la longueur du souffle et la capacité de l'interprète à transmettre une émotion brute sans artifice.

Dans une période de grande effervescence artistique (les années 70 et 80), il s'impose face à une concurrence de haut vol, aux côtés de grands noms tels que Khier Bekakchi ou Mustapha Allel. Son charisme et la clarté de son timbre de voix lui permettent de se hisser au rang de chanteur le plus en vogue de sa catégorie.


Un Héritage Culturel Immortel

Au-delà de ses performances scéniques, Samir Staïfi est considéré comme le gardien d'un répertoire impérissable. Son œuvre constitue aujourd'hui une référence incontournable pour les nouvelles générations d'artistes qui cherchent à s'inspirer de la chanson sétifienne.

À travers ses textes et ses mélodies, il a immortalisé l'âme, les joies et les mélancolies de toute une région, laissant derrière lui une trace indélébile dans l'histoire de la musique algérienne.

Il a rendu son dernier souffle à l'âge de 66 ans le 8 octobre 2014 au centre hospitalo-universitaire de Sétif, après avoir lutté avec courage contre une longue maladie. Son départ a laissé un vide immense dans le cœur de ses admirateurs, mais il laisse derrière lui un répertoire impérissable. Sa voix, entre puissance et nostalgie, continue de résonner à travers les montagnes de l'Atlas.